Spleen d’automne ou le besoin réel de faire le vide ?

Je lui donne le titre de déprime automnale car c’est à cette saison que la goutte d’eau fait déborder le vase. J’ai peut-être juste trop lu Baudelaire qui sait ? Pourtant cela fait déjà quelques mois qu’elle me plane dans le cœur. Cette sensation d’être débordé, que les journées ne sont pas assez longues, que le temps file trop vite, que je ne passe pas des moments de qualité car trop préoccupée par l’instant d’après et puis POUF, explosion en cette fin de septembre à me répéter au quotidien que je ne suis à la hauteur de rien, que je ne suis pas assez.

Vous arrive-t-il d’avoir l’impression d’être dans l’ingratitude ?

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Je suis tombée dans une routine assez ennuyeuse, je ne me suis pas autorisée à exister comme bon me semble. Je me pose énormément de barrière « parasite ». Je me cache derrière l’excuse des enfants et de la montagne de tâches ménagères que je dois accomplir au quotidien, mais ce n’est pas tout. Je suis actuellement comme une passoire, j’ai voulu me remplir et finalement je perds de l’eau par tous les côtés.

Je regarde autour de moi, j’ai tout ce qu’il faut pour être serein, deux enfants en pleine santé, un couple fort et constructif, un lieu de vie génial, je trouve que je n’ai aucune raison de me plaindre. Et pourtant. Suis-je la seule à me poser des milliers de questions et me laisser submerger par trop de réflexion ? Je pensais, que je ne me reconnaissais plus, que je ne suis pas celle que j’ai envie d’être, alors le nœud n’a cessé de grossir, avant de comprendre que j’étais en pleine transformation. J’ai eu besoin de désencombrer, mon environnement, mon entourage, mon esprit, surtout mes pensées. Afin de me permettre de comprendre que l’ego a pris trop de place dans ma vie.

J’ai passé plusieurs mois alimenter par le feu, le fer, par la colère et l’impatience. Les signes se sont pourtant bousculés à ma porte afin de m’alerter du chemin épineux que j’empruntais, mais je n’ai pas réussi à prendre le temps d’écouter. Je faisais blocage. J’étais dans la boucle infernale et c’était trop tard pour prendre du recul ; Je me laisser dépasser, j’étais dans un jugement féroce envers moi, envers les autres, j’étais remplie d’insatisfaction, j’étais trop perfectionniste et pour faire simple je passe mon temps à me mettre des étiquettes et rester dans ma zone de confort.

En gros je suis complètement déconnectée de mon cœur, de ma lumière, de mes vibrations, tout simplement de l’amour en moi et donc de l’amour universel qui m’entoure.

Que faire dans ce cas-là ? Que font les gens normaux pour rester authentique et fidèle à leurs valeurs ?

Puis l’automne est arrivé, les feuilles tombent, les masques aussi, me voilà mise à nue face à moi-même. Je ne suis pas alignée. Mon ego, ou mon cerveau pour celles à qui ça parle mieux, a voulu me protéger (Merci cerveau reptilien), il pensait bien faire, remarque il a peut-être bien fait car je n’arrivais pas à faire face. J’ai mes énergies et mon cœur qui ont cheminé en secret de leur côté, afin de réajuster l’essence de mon âme. Il fallait donc que j’accepte d’être vulnérable, de laisser parler ma sensibilité afin de retrouver le chemin que je pensais avoir perdu.

Il aurait suffi que je laisse de côté ma peur de l’abandon, que je m’allonge dans ce hamac seule, que je me laisse tendrement bercer en écoutant le vent.

Les choses ne sont pourtant pas si simple car les questionnements étaient trop nombreux, les espoirs mêlés aux incertitudes, le contrôle renforcé par la peur, et je n’arrivais pas à trouver un juste milieu. J’ai toujours eu un problème avec l’autorisation, le droit d’exister et d’exprimer, je pensais avoir résolu mes blessures, mais le chemin de l’introspection n’est jamais une finalité. Ma plus grande problématique depuis des semaines était, puis-je m’autoriser à être vulnérable, à me connecter à moi, vais-je être accepté par mes enfants, mon mari, la vision des autres, à transcender ma sensibilité, alors que je dois être dans la gestion, le contrôle, la satisfaction de tous ? Ces deux images sont-elles compatibles ?

La réponse n’est ni oui, ni non. La réponse est que je suis un tout et que j’ai eu peur. Je parcours avec prudence ces émotions car je dois autoriser la peur d’exister mais je ne dois pas la laisser être la seule aux commandes. J’oublie trop souvent que l’amour et l’incarnation même de l’amour au travers de mes émotions peuvent cohabiter. Il est souvent inconfortable et effrayant pour moi de lâcher prise. Je décide d’essayer, je décide de me choisir et de ne plus me juger si sévèrement.

Si le spleen d’automne est à l’honneur pour envahir mon cœur, je lui laisse son temps et patiemment je l’inonde d’amour.

Voilà, voilà,

Amicalement vôtre,

Kath


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